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Comparatif

Perchis ou la chaîne SIG plus traitement de texte, que choisir

La chaîne classique du rédacteur associe un SIG pour la cartographie, un tableur pour les surfaces et un traitement de texte pour la rédaction. Elle produit d’excellents documents, et beaucoup de plans simples de gestion agréés sont sortis de là. Le débat ne porte donc pas sur la qualité du livrable déposé, mais sur ce qui se passe les quinze années suivantes, quand le document est agréé et que le suivi commence.

Le comparatif poste par poste

CritèrePerchisla chaîne SIG plus traitement de texte
Cartographie fine et levésCartes de peuplement et de desserte assemblées pour le dépôtComplète, avec fonds spécifiques, levés et habillage sur mesure
Mise en page du documentAssemblage automatique dans la forme attendue par le centre régionalTotalement libre, et refaite à chaque nouveau dossier
Cohérence tableaux et cartesSurfaces issues d’une seule description, contrôlées avant dépôtDeux sources à rapprocher à la main, motif fréquent de complément
Échéancier après agrémentDéplié sur quinze campagnes depuis l’itinéraire sylvicoleAbsent, le document livré n’est pas un calendrier vivant
Suivi du réaliséCoupe faite, en retard ou impossible, avec motif et dateHors périmètre, à tenir dans un autre fichier
Tableau de bord de portefeuilleCoupes dues, retards et échéances sur tous les dossiersAucun, chaque dossier est un projet indépendant
Préparation des avenantsTableau des modifications pré rempli à partir des écarts constatésNouveau document à rédiger, en repartant du fichier d’origine
RenouvellementAlerte trois ans avant le termeÀ surveiller ailleurs, en général dans un tableur
Lettre annuelle au propriétaireGénérée par propriété, support du forfait de suiviÀ écrire de zéro chaque année
Compétence requiseVocabulaire sylvicole, pas de compétence cartographique avancéeBonne maîtrise du SIG et de la mise en page

Deux outils qui ne visent pas le même moment

Un SIG et un traitement de texte servent à fabriquer un livrable : un document complet, cartographié, déposable. Leur horizon s’arrête à la notification d’agrément. Un échéancier sylvicole vise l’inverse : il existe surtout après, quand il faut savoir ce qui est dû cette campagne, ce qui a dérapé et ce qui arrive à échéance sur l’ensemble des propriétés. Les deux ne s’opposent donc pas frontalement, ils occupent deux moments différents du même métier.

Cette différence explique une frustration très répandue chez les rédacteurs équipés d’une bonne chaîne cartographique. Ils produisent des documents irréprochables et perdent quand même des coupes programmées, parce que leur outil ne leur a jamais promis de les leur rappeler. Le document livré est un instantané. Ce qui manque n’est pas une fonction cartographique supplémentaire, c’est un objet qui vieillit avec la propriété et qui confronte en permanence le programme au réalisé.

La double saisie des surfaces, source classique de complément

Dans une chaîne SIG plus traitement de texte, les surfaces existent deux fois : dans la couche cartographique et dans les tableaux du document. Tant que rien ne bouge, elles concordent. Dès qu’une unité de gestion est redécoupée en cours de rédaction, ou qu’une parcelle passe de boisée à non boisée, il faut penser à reporter la modification des deux côtés. C’est précisément là que naissent les demandes de complément portant sur des surfaces qui ne se recoupent pas entre le tableau et la carte.

Le coût n’est pas la correction, qui prend dix minutes, c’est le délai. Un dossier renvoyé repart pour environ deux mois, décalés en plein dans le calendrier d’instruction, avec un propriétaire à qui il faut expliquer pourquoi son document n’est toujours pas agréé. Une description unique, dont sortent à la fois les tableaux et les cartes, supprime la classe entière de ce problème, ce qui vaut mieux que de la traiter par une relecture supplémentaire avant dépôt.

Garder le SIG pour ce qu’il fait le mieux

Rien de tout cela ne plaide pour abandonner un SIG, et il faut être clair sur les limites. L’assemblage des cartes de peuplement et de desserte pour le dépôt couvre le besoin normal d’un plan simple de gestion, pas les travaux cartographiques particuliers : un levé de terrain à intégrer, un fond retravaillé, une carte de desserte projetée pour une étude de voirie forestière, un plan de chantier pour une entreprise de travaux. Ces sujets restent du ressort d’un vrai SIG.

La cohabitation raisonnable ressemble à ceci : la description du parcellaire, les zonages, les itinéraires et l’échéancier vivent dans le portefeuille, les productions cartographiques hors norme se font dans le SIG et viennent s’ajouter au dossier. Vous cessez de recomposer chaque année ce que vous avez déjà écrit, et vous gardez votre outil de cartographie pour les cas où sa précision et sa liberté de mise en page font réellement la différence.

Quand l’alternative reste le bon choix

Si votre activité est majoritairement cartographique, si vous produisez des plans de desserte, des études de massif ou des cartographies de station pour d’autres donneurs d’ordre, le SIG reste votre outil central et il n’y a pas de débat. C’est vrai aussi pour un rédacteur qui produit quelques documents par an sans portefeuille à suivre derrière : une chaîne maîtrisée, avec ses modèles et ses fonds déjà réglés, produira le document plus vite que n’importe quel apprentissage d’un nouvel environnement.

Le verdict

Ce sont deux outils qui ne se remplacent pas. Si votre problème est de sortir de belles cartes, gardez votre chaîne. Si votre problème est de savoir en janvier quelles coupes sont dues, quels programmes dérapent et quels documents arrivent à échéance sur quatre vingts propriétés, aucune amélioration de la chaîne cartographique ne le résoudra, parce que ce n’est pas ce qu’elle a été conçue pour faire.

Questions frequentes

Peut-on continuer à produire ses cartes dans son SIG ?
Oui, et c’est souvent le bon choix pour les cabinets qui ont investi dans leurs fonds et leurs modèles. Le portefeuille assemble les cartes de peuplement et de desserte nécessaires au dépôt, ce qui suffit dans la majorité des dossiers. Pour les productions particulières, levés, plans de chantier, cartes d’étude, votre SIG reste l’outil, et les documents produits s’ajoutent au dossier de la propriété.
Les surfaces calculées sont-elles fiables face à un SIG ?
Elles reposent sur les références cadastrales que vous saisissez, commune, section et numéro de parcelle, avec reconstitution des contiguïtés et distinction entre surface cadastrale et surface boisée retenue. C’est la base utilisée pour apprécier le seuil de 20 hectares d’un seul tenant. Pour un contour de peuplement relevé au GPS et digitalisé finement, la mesure de terrain reste évidemment la référence.
Le document assemblé est-il recevable par le centre régional ?
Il est assemblé dans la forme attendue par le centre régional dont dépend la propriété : description des parcelles, tableaux normalisés du programme de coupes et de travaux, cartes de peuplement et de desserte, annexe verte quand la propriété touche un site Natura 2000. Le contrôle de cohérence signale avant dépôt les rotations impossibles et les surfaces qui ne se recoupent pas. La rédaction, elle, reste la vôtre.

Perchis ou la chaîne SIG plus traitement de texte, que choisir

Ce sont deux outils qui ne se remplacent pas. Si votre problème est de sortir de belles cartes, gardez votre chaîne. Si votre problème est de savoir en janvier quelles coupes sont dues, quels programmes dérapent et quels documents arrivent à échéance sur quatre vingts propriétés, aucune amélioration de la chaîne cartographique ne le résoudra, parce que ce n’est pas ce qu’elle a été conçue pour faire.