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Qui écrit Perchis

Jimenez Julien, l’auteur de Perchis

Je ne suis pas forestier. Je construis des outils de gestion pour des métiers qui travaillent sur des temps longs, et j’ai passé les dernières années à comprendre comment un rédacteur de documents de gestion durable perd, année après année, le contrôle de son propre portefeuille.

Portrait de Jimenez Julien, fondateur de Perchis et concepteur de l’application
Repères

Perchis est édité par MLJ, SASU immatriculée au registre du commerce et des sociétés de Paris. Direction de la publication et conception : Jimenez Julien. Contact direct : jimenezjulien42@gmail.com.

Le tableur de quatre vingt douze onglets

Le point de départ n’a rien d’une intuition de bureau. Un expert forestier de Bourgogne m’a montré, un matin de février, le fichier qui portait tout son cabinet : un tableur, un onglet par propriété, quatre vingt douze onglets. Sur chacun, un tableau reconstitué à la main reprenant le programme de coupes de son plan simple de gestion, une colonne par campagne, et des cases noircies au fur et à mesure des interventions. Il tenait ce fichier depuis onze ans. Il en connaissait chaque cellule, et il savait aussi qu’il était le seul à pouvoir le lire.

Je lui ai demandé combien de coupes de son programme n’avaient pas été réalisées. Il ne savait pas. Il a fallu deux heures pour le compter, onglet par onglet. La réponse était de dix sept, dont quatre remontaient à plus de quatre ans et deux ne pouvaient plus être régularisées autrement que par un avenant. Pendant ces deux heures, ce n’est pas le chiffre qui m’a frappé, c’est la gêne. Cet homme était un excellent professionnel, reconnu dans son département, et il découvrait des retards sur son propre travail parce que personne, pas même lui, n’avait jamais eu de vue d’ensemble sur ses quinze années de programme.

Ce que j’ai observé chez les autres

J’ai ensuite passé plusieurs mois à rencontrer des experts forestiers, des gestionnaires forestiers professionnels agréés, des techniciens indépendants et deux coopératives régionales. Le décor changeait, le mécanisme était toujours le même. La rédaction du document mobilise l’attention parce qu’elle a une échéance et un interlocuteur, le centre régional de la propriété forestière. Le suivi, lui, n’a ni échéance visible ni interlocuteur, jusqu’au jour où le propriétaire vend, décède ou demande des comptes.

Trois constats sont revenus partout. Le premier : les rédacteurs sous estiment systématiquement le nombre de coupes en retard dans leur portefeuille, d’un facteur deux à trois. Le deuxième : presque personne ne facture de forfait de suivi annuel, non par pudeur commerciale, mais parce qu’il n’existe aucun document à présenter au propriétaire pour justifier ce forfait. Le troisième : l’abaissement du seuil légal d’un seul tenant de 25 à 20 hectares par la loi du 10 juillet 2023 a fait entrer plusieurs milliers de propriétés dans l’obligation, et ces nouveaux dossiers arrivent chez des professionnels dont le suivi est déjà à saturation.

Pourquoi un ordonnanceur, et pas un traitement de texte

Le premier réflexe, quand on regarde ce métier de loin, est de construire un éditeur de documents. Un logiciel qui produirait de beaux plans simples de gestion, avec des cartes et des tableaux. J’ai commencé par là, et je me suis trompé. Le document n’est pas le problème. Un rédacteur expérimenté sait très bien écrire son document, et il le fait avec les outils qu’il a déjà.

Ce qui manque, c’est la machine qui tient le temps. J’ai donc renversé le modèle. Au centre de Perchis, il y a un ordonnanceur sylvicole : le parcellaire cadastral entre par ses références, chaque unité de gestion reçoit un peuplement, une essence objectif et un itinéraire pris dans une bibliothèque calée sur le schéma régional applicable, et le système déplie l’échéancier des coupes et des travaux sur toute la durée du document. Le plan simple de gestion, avec ses cartes de peuplement et ses tableaux normalisés, devient une sortie de ce modèle. Une conséquence, pas un but.

Cette inversion change tout ce qui vient après. Puisque le programme existe sous forme de données datées et non de paragraphes, le réalisé peut lui être confronté en permanence. Coupe faite, coupe en retard, coupe impossible. De cette confrontation naissent le tableau de bord de portefeuille, les propositions d’avenant, l’alerte de renouvellement trois ans avant le terme et la lettre annuelle au propriétaire. Aucun de ces objets n’aurait pu sortir d’un traitement de texte.

Ce que je me suis interdit

Une règle a été posée dès la première ligne de code, et elle tient toujours : Perchis ne promet jamais de rendement au propriétaire forestier. La forêt privée française souffre déjà d’un discours qui la présente comme un placement, et ce discours abîme la relation entre le propriétaire et son gestionnaire. Nulle part dans l’application, nulle part sur ce site, vous ne lirez qu’une forêt va rapporter tant à l’hectare. Perchis compte des surfaces, des volumes prévisionnels, des dates et des écarts. Le reste appartient au marché du bois et au jugement du professionnel.

Deuxième interdit : ne jamais décider à la place du rédacteur. La bibliothèque d’itinéraires propose, elle n’impose pas. Un contrôle de cohérence signale une rotation trop courte ou une surface qui ne se recoupe pas, mais il ne corrige rien tout seul. La responsabilité technique du document reste entière chez celui qui le signe, et c’est la seule façon pour qu’un outil de ce type soit accepté par une profession qui engage sa signature.

Troisième interdit : aucune donnée de propriétaire n’est revendue, croisée ou exploitée à d’autres fins. Un portefeuille de propriétés forestières privées est une information sensible commercialement. Elle appartient au cabinet qui l’a constituée, et à personne d’autre.

Comment Perchis est construit et corrigé

Chaque évolution part d’un cas réel, apporté par un utilisateur avec ses parcelles et ses chiffres. La confrontation programme contre réalisé, par exemple, a été entièrement redessinée après une session de travail avec une technicienne de l’Allier qui nous a expliqué qu’une coupe pouvait être impossible pour trois motifs très différents : peuplement dégradé par un aléa climatique, refus du propriétaire, ou desserte devenue impraticable. Ces trois motifs n’appellent pas la même suite, et le logiciel les distingue désormais.

Les itinéraires sylvicoles sont revus avec des praticiens de chaque grande région forestière, parce qu’un perchis de chêne du Centre, une futaie irrégulière de sapin du Jura et un pin maritime des Landes n’ont ni les mêmes rotations ni les mêmes seuils d’intervention. C’est un travail lent, régional, qui ne se termine jamais vraiment. Il correspond à la nature de ce métier, où l’on plante pour des gens que l’on ne connaîtra pas.

MLJ, l’éditeur

Perchis est édité par MLJ, société par actions simplifiée à associé unique au capital de 500,00 euros, immatriculée sous le SIREN 934 769 837 au registre du commerce et des sociétés de Paris depuis le 30 octobre 2024. MLJ conçoit et exploite des logiciels de gestion destinés à des professions organisées, avec un principe de fonctionnement simple : un produit, un interlocuteur, pas d’intermédiaire commercial entre l’utilisateur et celui qui écrit le logiciel.

Concrètement, lorsque vous demandez une démonstration de Perchis, c’est moi qui vous réponds, sous un jour ouvré, et c’est encore moi que vous aurez au bout du fil quand une région modifiera son schéma régional de gestion sylvicole. Ce format a ses limites, il en a aussi un avantage décisif pour un outil aussi technique : rien ne se perd entre le terrain et le produit.

Ce que j’écris dans Le Carnet de martelage

Le Carnet de martelage est le magazine de Perchis. J’y écris ce que je vois dans les dossiers que les rédacteurs m’ouvrent : des programmes de coupes tenus de mémoire, des écarts jamais régularisés, des documents découverts à trois mois de leur terme. Les neuf articles ci dessous ont été publiés le 3 septembre 2026, jour de la mise en ligne du site, et forment un sommaire suivi, du plus structurant au plus prospectif.

Voir le sommaire complet du Carnet de martelage

Parlons de votre portefeuille

Si vous suivez des documents de gestion durable, votre situation m’intéresse, même si vous n’avez aucune intention de changer d’outil aujourd’hui. Une heure d’échange sur votre organisation actuelle vaut mieux qu’une démonstration générique.

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